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  • empêche de s'insérer sur le marché du travail. "Je m'interroge maintenant sur l'ampleur du phénomène, cela pourrait être bien plus large que ce que je crois", estime Derrik Goon.Victimes collatéralesSi certains acceptent de coopérer avec ces organisations, d'autres en sont victimes. Les réseaux nord-coréens utilisent en effet des identités américaines dérobées et revendues sur des sites clandestins. Michael Brown en a fait les frais. "Je l'ai appris en allant voir ma conseillère emploi. Elle s'est rendue compte que j'occupais déjà officiellement différents jobs dans plusieurs Etats américains", raconte-t-il.Au total, son identité aurait été utilisée pour décrocher neuf emplois, pour 100 000 euros de salaires. Michael Brown n'en a évidemment jamais bénéficié. "En revanche, j'ai été blacklisté : je ne peux pas avoir de compte en banque, je ne peux plus demander un crédit habitation".Espionnage industrielLe phénomène inquiète d’autant plus les autorités américaines que ces faux salariés ne se contentent pas seulement de toucher un salaire. Une fois recrutés, ils disposent d’un accès aux réseaux et aux données de l'entreprise, ou peuvent y introduire des logiciels malveillants. "Pour l'instant, il s'agit d'une question financière, mais l'on craint de rapidement basculer sur de l'espionnage industriel ou du vol de propriété intellectuelle", analyse Michael Barnhart, spécialiste américain du contre-espionnage.Selon l’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions (MSMT), créée en octobre 2024 par onze pays dont les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, entre 1 600 et 3 000 emplois pourraient être occupés à travers le monde par des travailleurs nord-coréens opérant dans ce type de dispositif. "L'argent est réalisé hors du pays et suit un long chemin pour rentrer en Corée du Nord. Le processus passe par plusieurs banques, des transactions en cryptomonnaies, et des opérations de blanchiment", explique le Wall Street Journal.De son côté, Pyongyang, rejette les accusations. Dans une déclaration récente (https://koreanewsservice.com/en-news/dprk-foreign-ministry-spokesperson-on-u-s-groundless-theory-of-cyber-threat/), le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a qualifié les allégations américaines sur la "cybermenace" nord-coréenne d'"accusation politique stéréotypée" destinée uniquement à "ternir l’image" du pays.

  • Faux CV, IA, identités volées… Comment la Corée du Nord infiltre les entreprises occidentales https://www.lexpress.fr/monde/asie/faux-cv-ia-identites-volees-comment-la-coree-du-nord-infiltre-les-entreprises-occidentales-XRDCWTMVKJDW3IQFLLN66LCE4Y/ L'opération pourrait rapporter 800 millions de dollars par an au régime de Kim Jong-un. Selon une récente enquête du Wall Street Journal, des "milliers" de travailleurs qualifiés nord-coréens (https://www.lexpress.fr/monde/asie/face-a-un-monde-imprevisible-kim-jong-un-relance-la-menace-nucleaire-R7G57Q55NRHDNCETD7LDDLJREY/) ont décroché ces dernières années des postes d'informaticiens dans le secteur des technologies, des services, ou de la banque, auprès d'entreprises américaines ou anglaises - et ce sous de fausses identités. L'objectif serait d'abord financier. Isolée économiquement par les sanctions internationales, la Corée du Nord chercherait par tous les moyens à se financer. En effet, le département américain du Trésor estime que jusqu’à 90 % des revenus générés par certains de ces travailleurs pourraient revenir au régime.Une "industrie" de la fausse identitéPour infiltrer les entreprises occidentales, les opérateurs nord-coréens constituent des équipes qui fonctionnent comme de véritables machines à recrutement. Le Wall Street Journal a pu enquêter sur l'une d'entre elles, baptisée Eagle Vision, à partir de données récupérées sur des ordinateurs utilisés par ses membres.Le groupe est composé d'un responsable, qui coordonne les candidatures et le travail de plusieurs informaticiens nord-coréens. Les membres fabriquent des CV adaptés à chaque offre d'emploi, préparent les entretiens, s'entraînent à répondre aux questions des recruteurs. Certains vont même jusqu'à utiliser l'intelligence artificielle pour modifier leur apparence lors des entretiens, ou pour générer des réponses en anglais en direct.En l’espace de trois mois, une seule équipe aurait envoyé des candidatures à plus d’un millier d’entreprises. L’accès à son agenda Google a permis de retrouver 22 entretiens organisés en une seule semaine, sous sept identités différentes. L’équipe aurait finalement décroché près d’une dizaine de postes dans des entreprises américaines et britanniques.Une fois embauchés, certains travailleurs cumulent plusieurs emplois : les salaires peuvent alors atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars par personne et par an. Le gouvernement américain estime que ces opérations sont organisées depuis la Corée du Nord, mais aussi depuis des pays comme la Chine et la Russie, où les autorités américaines ont des difficultés à intervenir.Complices américainsAprès avoir décroché le poste, les agents nord-coréens vont se reposer sur des complices aux Etats-Unis, notamment pour récupérer les ordinateurs professionnels destinés aux salariés, participer à des réunions, ou aider à ouvrir des comptes bancaires. Au total, le FBI affirme avoir arrêté 39 personnes soupçonnées d’avoir participé à ces réseaux ou de les avoir aidés. Tous les complices ne seraient toutefois pas conscients des réelles motivations de leurs recruteurs. "Certains le font en sachant qu'ils enfreignent la loi, d'autres non", estime l’un des enquêteurs du FBI.C'est le cas de Derrik Goon. Ce citoyen américain, qui a fait une partie de sa carrière dans le secteur de la tech', a été recruté par Eagle Vision pour passer des entretiens, récupérer des ordinateurs, ou encore participer à des réunions avec les entreprises. Le travail quotidien était quant à lui assuré par les informaticiens nord-coréens. "Pendant un an et demi, j'ai touché un salaire sans rien faire. Sur un contrat à 75 000 dollars par an, je prenais 50 %". Mais Derrik Goon affirme qu'il ne soupçonnait aucunement travailler pour le compte de la Corée du Nord. Parfois, les recruteurs présentent l'affaire comme un coup de pouce pour faciliter une opportunité professionnelle, expliquant travailler avec de très bons développeurs, mais dont le niveau en anglais les

  • Un jeune homme exilé ramasse une bouée après avoir rejoint Ceuta par la mer, sur la plage d'El Tarajal, alors que des migrants traversent en masse la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol, à Ceuta (Espagne), le 31 juillet 2026.C’est le dilemme du voisinage entre l’Afrique et l’Europe : en attendant que les conditions de vie se rapprochent suffisamment, une échéance lointaine, le développement de l’Afrique va gonfler les rangs des partants. Selon Eurostat, entre 2010 et 2020, autour de 500 000 Africains par an ont obtenu un titre de séjour au sein de l’UE (ce qui exclut, donc, l’immigration clandestine). Entre 2020 et 2025, cette moyenne annuelle était d’environ 750 000. À l’avenir, ce nombre sera de plus en plus important, que les conditions d’accueil en Europe s’y prêtent ou non. Lentement mais inexorablement, la "jeune Afrique", de plus en plus d’origine subsaharienne, va continuer à changer la donne démographique sur le Vieux Continent, comme elle l’a fait depuis un demi-siècle. En 1960, les immigrés africains en France — près de 450 000, alors en grande partie des Algériens — représentaient un peu moins de 1 % de la population (45 millions). En 2023, selon l’Insee, 3,5 millions des habitants en France étaient nés en Afrique, soit un peu plus de 5 % de la population totale. La deuxième génération incluse, ce pourcentage double.Est-ce peu ? Beaucoup ? Trop ? Ces questions sont aujourd’hui confisquées politiquement. Or, elles ne se résument pas à un clivage entre, d’un côté, des "racistes" et, de l’autre, des "rêveurs sans frontières". Dans son numéro du 25 juin 1964, L’Express titrait un dossier "Immigration : la France manque de bras" tout en qualifiant, dans le corps du texte, l’arrivée de travailleurs africains d’"invasion pacifique". Et en 1987, l’inventeur du terme "tiers-monde", Alfred Sauvy, père de la démographie moderne en France, fondateur et, pendant dix-sept ans, premier président de l’Ined, publiait un livre qui se projetait à l’horizon 2010 — L’Europe submergée — avec cette alerte en quatrième de couverture : "N’ayez pas peur de la bombe [atomique], le péril vient d’ailleurs : bientôt, le contraste entre un jeune Sud et une Europe vieillissante sera insupportable". Dans sa conclusion, Sauvy reprochait aux Européens leur peur d’une "question troublante", à savoir : "Viendront-ils, ces jeunes, pour fermer les yeux de ces hommes qui 'ont fait leur temps', ou bien insuffleront-ils une nouvelle vie ?". Que cette interrogation de fond soit restée sans réponse n’a rien d’étonnant. La grande "politique de population" que Sauvy appelait de ses vœux — une politique d’immigration en accord avec le marché du travail, le système de retraite, l’assurance maladie, la politique de logement, l’Éducation nationale... — n’a pas vu le jour depuis quarante ans.Stephen Smith est professeur émérite d’études africaines à l’université de Duke (Etats-Unis) et chroniqueur pour L'Express. Il est notamment l'auteur de La Ruée vers l'Europe (Grasset, 2018).

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  • L’Afrique, dernier reservoir de l'émigrationSi la pression migratoire n’était qu’une fonction de la taille d’une population, les Américains migreraient au Mexique, et non pas l’inverse. Mais l’Afrique n’est pas seulement un géant démographique en pleine croissance (à la fin du siècle, 4 habitants sur dix sur la Terre seront Africains, à l’égal des Asiatiques). Le continent voisin de l’Europe remplit aussi toutes les conditions pour constituer le dernier grand réservoir d’émigration sur la planète. Le profil d’âge de sa population, très jeune, est propice à la quête d’un meilleur sort ailleurs, comme c’était le cas du Vieux Continent au XIXe siècle quand des dizaines de millions d’Européens partaient pour de nouveaux mondes. Ils partaient d’autant plus facilement dès lors qu’une communauté de compatriotes était déjà installée sur leur terre d’élection et pouvait servir, comme aujourd’hui la diaspora africaine, de guichet d’accueil. Enfin, il faut avoir les moyens de partir loin, plusieurs milliers d’euros en fonction du point de départ. C’est d’ailleurs le barrage que nombre de pays subsahariens n’ont pas encore franchi, même si les familles se cotisent pour le surmonter. Ils demeurent trop pauvres — avec un PIB annuel par habitant inférieur à 2 000 dollars — pour permettre à la grande masse des candidats au départ d’atteindre l’Europe (jusqu’à présent, la destination des deux tiers des partants).Le dilemme du voisinage entre l’Afrique et l’EuropeLe Niger est l’exemple extrême du pays trop pauvre pour l’exode. En moyenne, une femme y donne naissance à six enfants, la moitié de la population a moins de seize ans et le nombre d’habitants est passé de 3,4 millions en 1960 à 30 millions aujourd’hui (et doublera d’ici 2050). Si l’on retient comme population active la fourchette d’âge des 15 à 64 ans, chaque année environ un demi-million de primo-entrants arrivent sur le marché du travail, les deux tiers d’entre eux sans diplôme scolaire de quelque niveau que ce soit. Or, le nombre d’emplois dans le secteur formel de l’économie nigérienne — fonction publique et privé confondus — ne comprend qu’environ 200 000 postes en tout et pour tout. S’il y a donc bien un pays qu’on quitterait volontiers en l’absence d’une lueur de prospérité à l’horizon d’une vie, c’est le Niger. Mais ses habitants, dont 80 % survivent seulement grâce à l’agriculture de subsistance, n’en ont pas les moyens (comme, il y a deux générations, toute l’Afrique subsaharienne).

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  • ensuivie (avec un taux autour de 7 %, en moyenne annuelle). Géant économique à la pointe du continent, historiquement grâce à l’extraction minière, l’Afrique du Sud représentait à elle seule 40 % du PIB subsaharien à la fin de l’apartheid et le cap de Bonne-Espérance d’une "nation arc-en-ciel". Aujourd’hui, elle ne compte plus que pour 20 % de tout ce qui est produit au sud du Sahara et subit régulièrement, depuis une dizaine d’années, des convulsions "xénophobes" ou de "ras-le-bol", c’est à nouveau une question de point de vue. Pour les uns, 5 % d’immigrés légaux au sein de la population (soit moitié moins qu’en France) ne devraient poser aucun problème. Pour d’autres, compte tenu d’un taux de chômage de plus de 30 %, le "dumping social" du fait de l’immigration viole la solidarité nationale. Pour tous, le nombre inconnu d’immigrés illégaux sert de variable d’ajustement, soit pour minimiser soit pour exagérer le défi que représente l’afflux depuis l’intérieur du continent.Pareillement, l’ampleur de la migration interne à l’Afrique est soit passée sous silence soit utilisée comme défausse dans la controverse sur l’immigration en Europe (https://www.lexpress.fr/monde/europe/crise-des-migrants-le-modele-albanais-de-giorgia-meloni-sous-le-feu-des-critiques-PCI2DEBJLNCSZJNB3FZXXZLQDM/). Les Cassandres de "l’invasion" escamotent facilement le fait que la plupart des migrants africains restent sur leur continent. Les partisans d’une libre circulation mettent volontiers en exergue que l’Afrique assume l’essentiel du poids migratoire en oubliant (outre que cela implique que l’arrivée massive d’étrangers puisse être un fardeau) que la proportion des migrants quittant l’Afrique ne cesse d’augmenter. En 1960, l’année des indépendances africaines, elle était de 5 %, soit un migrant sur vingt. Aujourd’hui, elle est de 40 %, soit huit migrants sur vingt. Dans l’intervalle, la population africaine est passée de 300 millions d’habitants à 1,5 milliard. Selon la projection médiane de l'ONU, elle atteindra 2,5 milliards d’habitants en 2050.

  • Démographie : la jeune Afrique, dernier grand réservoir d'émigration, par Stephen Smith https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/demographie-la-jeune-afrique-dernier-grand-reservoir-demigration-par-stephen-smith-ZRYDEOKA5VGQPLCWHKACFRQZUQ/ À la manière dont L’Assommoir, d'Émile Zola, fait comprendre l’alcoolisme et la prostitution de misère sous le Second Empire en France, GraceLand, de Chris Abani, témoigne des débuts de la grande migration subsaharienne à la fin du XXe siècle. L'écrivain nigérian s’inspire de son vécu pour raconter la fuite en avant d’un jeune pour qui la vraie vie est une promesse à tenir, plus loin.Publié en 2004, le roman relate la vie d’Elvis Oke, depuis son village natal dans le sud-est du Nigeria jusqu’à son départ aux États-Unis en passant par un bidonville de Lagos. GraceLand désigne l’espérance d’une vie meilleure, idéalement dans la résidence éponyme d’Elvis Presley, l’idole absolue du protagoniste. Mais il pointe aussi — sur le mode sarcastique, donc plutôt comme Disgraceland — le Nigeria, le pays le plus peuplé au sud du Sahara. Au moment de ces faits, à la fin des années 1970, le Nigeria comptait près de 80 millions d’habitants. Il en compte aujourd’hui trois fois plus, environ 240 millions, dont la moitié a moins de dix-huit ans. C’est une république d’enfants et d’adolescents. L’espérance de vie y est de 55 ans, la même qu’en France en 1930. Le rouleau compresseur de la croissance démographique (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/demographie-le-choc-qui-menace-lhumanite-voici-le-nouveau-monde-qui-nous-attend-IQBK27DFEJHLHAWQO6EKXMDV4I/) — la population nigériane a été multipliée par 13 depuis un siècle, par rapport à un facteur multiplicatif de 1,7 pour la France ou de 5 pour l’Inde — lamine la fameuse "tradition africaine", désormais plus vivante dans l’imaginaire occidental que sur un continent où les "vieux sages" se perdent dans une profusion de jeunesse. C’est un quotidien de rude rivalité entre jeunes — une version locale de La Guerre des boutons— qu’Elvis, après la mort de sa mère, vit dans le bidonville de Lagos, "mi-taudis, mi-paradis, moche et violent mais beau en même temps". Le magnétisme des grandes villes est la face brillante de l’exode rural. Dans la mégapole lagunaire qu’est Lagos (près de 3 millions d’habitants en 1980, plus de 15 millions aujourd’hui), Elvis ne survit que grâce à "Rédemption", le chef d’un gang qui l’entraîne dans une martingale de crimes : vol, trafic de drogues, prostitution, rapt, extorsion de rançon, torture et, enfin, meurtre. Finalement, c’est partir ou périr. Miraculeusement, "Rédemption" procure un visa à Elvis, qui prend l’avion pour les États-Unis. Ce happy end doit beaucoup à la licence poétique. En réalité, après plusieurs séjours en prison pour des raisons politiques, Chris Abani a pu s’enfuir, en 1991, au Royaume-Uni. Huit ans plus tard, un gobelet devant lui en guise de sébile, il joue du saxo sur la plage de Santa Monica, en Californie. Aujourd’hui, il enseigne dans une grande université américaine.L'Afrique, dernier grand réservoir d’émigration sur la planèteContrairement à Elvis Oke, la plupart des migrants africains quittent leur pays pour s’installer dans un autre pays africain, mieux loti. Deux pôles d’attraction — la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud postapartheid (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/afrique-du-sud-les-raisons-de-la-vague-anti-immigration-par-stephen-smith-2MZX6C5WCVHBPEEXGVFGKKYUEM/) — illustrent les fortunes changeantes de cette migration à l’intérieur du continent. En Côte d’Ivoire, grand producteur de café et, surtout, de cacao, les immigrés, notamment sahéliens, ont contribué au "miracle économique" au lendemain de l’indépendance. Puis leur présence massive — un quart de la population — a été au cœur d’une décennie de guerre civile autour de "l’ivoirité", avant de se solder par la victoire des cosmopolites ou des traîtres à la nation, c’est selon. Depuis 2010, une nouvelle phase de croissance forte s’est

  • prévoit jusqu’à 60 millions de dollars d’investissements pour vérifier l’hypothèse. Elle avait même envisagé l'arrivée de quelque 300 conteneurs de matériel avant un premier forage à l’automne. Le projet a depuis été réduit : un puits plutôt que deux, avec l’espoir affiché de faciliter l’obtention des autorisations. Beaucoup de pétrole et trop de WashingtonGreenland Energy assure que son projet ne présente aucun rapport avec les ambitions territoriales américaines (https://www.lexpress.fr/monde/donald-trump-etudie-un-achat-du-groenland-marco-rubio-evoque-une-rencontre-entre-les-etats-unis-et-QZEHJUTU4ZGLHFJ7PM2N5PG6IE/). Formellement, rien dans les documents disponibles ne permet de confondre les deux. La société possède néanmoins un carnet d’adresses qui rend la précision utile : Phil McGraw, l’animateur américain connu sous le nom de "Dr Phil", a conclu un accord pour documenter l’aventure de ces "prospecteurs modernes" dans une série destinée à la télévision et aux réseaux sociaux. Il a également siégé à la commission présidentielle sur la liberté religieuse et apparaissait récemment dans le Bureau ovale aux côtés de Donald Trump. La population locale, elle, a déjà tranché : en juillet, près d’un tiers des 325 habitants de la ville ont manifesté contre le projet. Quelques jours plus tard, Donald Trump publiait sur Truth Social un photomontage de son visage au-dessus d’un village groenlandais, avec un très sobre "Hello, Greenland !". Pendant ce temps, les investisseurs qui espéraient un "Trump pump", une marque d’intérêt présidentielle susceptible d’envoler la valeur du projet, ont surtout vu le titre Greenland Energy chuter de plus d’un tiers après le report. La société promet désormais de revoir sa copie et de renouer avec les autorités. Le pétrole peut attendre 2027 ; la question, elle, reste immédiate : au Groenland, Washington peut vouloir, les entreprises peuvent forer sur le papier, mais Jameson Land garde encore le stylo qui signe les autorisations.

  • Au Groenland, les ambitions pétrolières américaines se heurtent au droit administratif https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-groenland-les-ambitions-petrolieres-americaines-se-heurtent-au-droit-administratif-TJLFWPO7ONCRHMM5KPBZCT6KPU/ De l’ambition, oui, mais pas encore d’autorisation : Greenland Energy comptait commencer ses premiers forages dès cet automne (https://www.lexpress.fr/monde/comment-une-compagnie-petroliere-texane-liee-donald-a-trump-cherche-a-simplanter-au-groenland-6UPAX7NEPFGGVI6NVCD3HEMPSI/) dans la région reculée de Jameson Land, sur la côte est de l’île. Le calendrier avait un avantage : il allait vite. Peut-être un peu trop… Après l’acheminement en juillet de matériel de forage sans autorisation, le gouvernement groenlandais a infligé un sérieux rappel (https://www.lexpress.fr/monde/groenland-le-premier-ministre-sinsurge-contre-une-visite-americaine-de-haut-niveau-T6RL66IBAJA43P2LCGA3B5DGFM/) de procédure à la société : les évaluations environnementales et sociales ne pourront pas être réalisées à temps, pas plus que les autorisations nécessaires. Au plus tôt, les premiers travaux pourraient désormais commencer à l’hiver 2027. Le détail aurait pu rester une banale histoire de permis. Seulement voilà : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, rares sont les affaires groenlandaises qui restent purement administratives (https://www.lexpress.fr/monde/le-groenland-face-aux-demandes-maximalistes-des-etats-unis-YBSIG62IVNGXRBTDGEPUNT7OPY/). Le président américain a plusieurs fois affirmé vouloir placer le territoire autonome danois sous contrôle des États-Unis (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/il-reverait-sans-doute-dentrer-dans-lhistoire-le-fantasme-groenlandais-de-donald-trump-vu-par-la-5C5MEGCIG5DFPBZZOINDNIPSFE/). Son envoyé spécial pour l’île, Jeff Landry, gouverneur républicain de Louisiane (https://www.lexpress.fr/monde/donald-trump-nomme-un-envoye-special-au-groenland-copenhague-convoque-lambassadeur-americain-NKN7DQDGVFEO3DHQK6PYP5CHRM/), assume même pour objectif de "faire du Groenland une partie des États-Unis". En mai, il annonçait encore que les barils groenlandais pourraient entrer en production "d’ici dix mois environ". Le Groenland répond à ce calendrier américain avec une notion moins grandiose : le droit administratif. Dix ou dix-huit mois de plusSur place, le problème commence à Jameson Land, ville sur la côte est du Groenland. Du matériel destiné au forage y avait déjà été débarqué lorsqu’une difficulté est apparue : Greenland Energy n’avait pas encore reçu l’autorisation de commencer. Les autorités locales lui ont adressé un "avertissement ferme". Mute B. Egede, ancien Premier ministre (https://www.lexpress.fr/monde/europe/visees-de-donald-trump-sur-le-groenland-cette-visite-officielle-qui-met-de-lhuile-sur-le-feu-66RF5QJFZVEGRCCWW53SU6L7QA/) devenu ministre des Affaires étrangères et des Ressources naturelles, a ensuite estimé publiquement qu’un forage cet automne n’était tout simplement "pas réaliste". Il faut dire que l’endroit ne simplifie rien. Les autorités doivent notamment mesurer les conséquences d’un forage dans une zone humide protégée (https://www.lexpress.fr/monde/au-groenland-le-tourisme-sur-une-ligne-de-crete-dans-une-nature-fragile_2178793.html), fréquentée par des oiseaux rares et par les bovins musqués dont dépendent des chasseurs locaux. Le Groenland a cessé d’accorder de nouvelles licences pétrolières et gazières en 2021, invoquant la crise climatique. Le projet actuel bénéficie toutefois d’un héritage administratif : le partenaire britannique 80 Mile détient des licences accordées avant ce changement de politique et Greenland Energy s’est associé à sa filiale White Flame Energy pour explorer la zone. Voilà pour la procédure. Pour l’ambition, les chiffres connaissent moins de retenue. Les responsables de Greenland Energy assurent que Jameson Land pourrait abriter jusqu’à 1 000 milliards de dollars de pétrole brut. La société, créée récemment,

  • Universités : "La hausse des frais d’inscription ne doit plus être considérée comme un tabou" https://www.lexpress.fr/campus/universites-la-hausse-des-frais-dinscription-ne-doit-plus-etre-consideree-comme-un-tabou-YVRQW2D6LNDJPFKRC4AAHSHM6E/ Les candidats à la présidentielle s’empareront-ils de la question du financement des universités ? Pour Gilles Roussel et Jérôme Fournel, auteurs d’un rapport sur le sujet, il y a urgence. Entretien.

  • (https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/face-a-un-stock-declinant-de-missiles-donald-trump-contraint-de-freiner-son-offensive-contre-liran-V2UTSD4V3ZHU7NHIHUZVYRWZ5Y/)La Jordanie, réputée plus sûreCertaines troupes américaines avaient justement été déplacées vers la Jordanie pour réduire leur exposition. Des militaires stationnés au Koweït, à Bahreïn, au Qatar ou aux Émirats arabes unis avaient été transférés vers des bases jugées plus éloignées de l’Iran et moins vulnérables aux drones et missiles balistiques. Après les frappes de juillet, les commandants américains ont renforcé leurs défenses. Officiellement, le Pentagone nie toute pénurie. Son porte-parole Sean Parnell qualifie de "fausses" les affirmations sur un manque de munitions. Donald Trump assure que les États-Unis disposent de "bien plus de munitions que n’importe qui dans le monde". Mais, selon le New York Times, le président a interrogé Pete Hegseth fin juillet sur la baisse des stocks. Début août, l’armée avait déjà consommé environ 65 % de ses Patriot entre février et juillet.Cette contrainte commence aussi à peser sur les décisions politiques. Fin juillet, Donald Trump a renoncé à de nouveaux raids contre l’Iran après des appels de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar en faveur de négociations. Mohammed ben Salmane lui aurait notamment fait valoir qu’une nouvelle campagne risquait d’entraîner des représailles contre les infrastructures énergétiques du Golfe. Téhéran a donc trouvé une manière très concrète de compliquer la supériorité américaine : obliger Washington à dépenser beaucoup pour arrêter presque tout.

  • Face aux stocks américains sous pression, l'Iran change de tactique https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/face-aux-stocks-americains-sous-pression-liran-change-de-tactique-XOGVBUIHVNGJ3J6VKNZNQJFWRQ/ Là où Washington visait 100 % d’interception, l’Iran s’est chargé de la décimale : "Nous avons abattu presque tous les missiles. Un seul est passé", a reconnu le secrétaire d’État américain, Marco Rubio (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/il-ne-veut-pas-etre-associe-au-desastre-marco-rubio-et-la-guerre-en-iran-une-absence-strategique-6GQAC3ZL6ZD2PLOSU4H7V246KA/), après l’attaque iranienne du 17 juillet (https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-la-jordanie-nouvelle-cible-de-choix-de-liran-Z5V7P47GN5HGVCAZNDLPGXAJIE/) contre une base américaine en Jordanie. Selon le New York Times, ce projectile a frappé des logements préfabriqués, tuant trois soldats américains et blessant plus de cent personnes. Pendant cinq jours, l’Iran avait lancé des vagues de drones et de missiles contre trois bases du pays. En avril, Pete Hegseth (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-iran-la-penurie-de-missiles-americains-fissure-le-tandem-donald-trump-pete-hegseth-CIVUETCPSJHD5LKRJCVC2MXTSE/) assurait pourtant que le programme de missiles iranien était "fonctionnellement détruit" et ses capacités presque complètement inefficaces. Trois mois plus tard, les tirs avaient repris. L’Iran ne cherche plus seulement à lancer davantage : Téhéran complique désormais le travail des défenses américaines. Certains missiles peuvent modifier brusquement leur trajectoire ; les attaques combinent drones et différents types de missiles ; les frappes arrivent en vagues contre plusieurs points. Selon des responsables américains, les forces iraniennes ont aussi observé la guerre en Ukraine, où la Russie associe missiles balistiques, missiles de croisière et drones pour compliquer leur interception. 1 500 Patriot plus tardLe résultat se lit dans les stocks (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-iran-la-penurie-de-missiles-americains-fissure-le-tandem-donald-trump-pete-hegseth-CIVUETCPSJHD5LKRJCVC2MXTSE/). Depuis le début du conflit, le Pentagone aurait utilisé plus de 1 500 intercepteurs Patriot et en disposerait de moins de 1 700. Les États-Unis n’en ont produit qu’environ 600 en 2025. Lors d’une seule journée d’attaque en Jordanie, les forces américaines en auraient tiré près de 50. À environ 4 millions de dollars l’unité, le "presque" de Marco Rubio représente aussi une addition salée. Ce calcul, Téhéran avait déjà pu l’observer. Durant la guerre de douze jours de juin 2025, ses dirigeants avaient vu la vitesse à laquelle Israël et les États-Unis (https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/les-etats-unis-bientot-plus-en-mesure-de-proteger-israel-contre-liran-lalerte-dun-general-americain-7MALGKEOV5FWHN7K7G6D6DVAEQ/) consommaient leurs intercepteurs face aux salves iraniennes. Depuis, l’Iran a repris ses tirs malgré les bombardements américains et israéliens contre ses installations souterraines. Plusieurs sites ont été dégagés et remis en service. Les Houthis au Yémen et des milices en Irak ont en parallèle multiplié les directions depuis lesquelles les forces américaines peuvent être visées.L’adaptation ne concerne pas seulement les missiles. En avril, un F-15E américain a été abattu au-dessus du sud de l’Iran par un missile sol-air portable. D’après des responsables militaires américains, des drones iraniens avaient transmis la position GPS de l’appareil, sa vitesse et sa direction. L’équipage n’aurait reçu qu’une demi-seconde d’alerte. Après cet épisode, Washington avait annoncé une "pause" dans les combats (https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-donald-trump-dit-relancer-la-voie-diplomatique-teheran-le-contredit-TDXHQZX6LNFWJHYYBMWUTSNGK4/), le temps d’ajuster ses propres méthodes.

  • Sur les réseaux sociaux, la tendance se popularise même de jour en jour. Si certaines plateformes (https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/interdiction-des-reseaux-sociaux-pour-les-moins-de-15-ans-la-france-cheffe-de-file-en-europe-MALSRAW7UVAZBJNLEQSDS76RXM/) ont censuré le terme, des méthodes loin d’être étrangères aux enfants permettent de contourner ces barrières en moins de deux clics. Aussi, sur des forums à mille lieues de la communauté masculiniste, certains appellent à l'aide, se disant incapables d'aborder le sujet avec leurs parents, et demandent conseil après s'être blessés.Le marteau est couvert de sang. J'ai peut-être des lésions cérébrales"Mon côté gauche gonfle beaucoup plus vers l'extérieur que le droit, et j'ai cette zone d'engourdissement sous l'œil qui ne disparaît pas. Ma mâchoire a également commencé à claquer, ce qui est nouveau", s'inquiète l'un d'entre eux sur un forum Reddit (https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/reddit-rescape-du-web-davant-comment-ce-forum-a-survecu-aux-reseaux-sociaux-BZBPMG3QUBHDTPSZL3XYXWHGHU/) dédié aux adolescents, consulté par 2,2 millions d'internautes par semaine. "Je le fais tous les jours. Ça me donne un mal de tête terrible, mais je m’en fous. Ça me donne un regard d’enfer", témoigne un jeune. Et d'ajouter : "Avant, je me frappais le visage avec les phalanges ou les poings, mais maintenant j’utilise un marteau. C’est malin ou stupide ?". Dans un autre poste, le même s'alarme : "Le marteau est couvert de sang. J'ai le visage tout enflé. J'ai peut-être des lésions cérébrales". Mais dans les commentaires, on retrouve de nombreux encouragements à continuer ou à sauter le pas. "Les vrais hommes (https://www.lexpress.fr/sciences-sante/le-soja-a-t-il-un-effet-sur-les-hormones-a-lorigine-du-mythe-du-soy-boy-XBZKPT4BH5BSNFJ5K2BZ7R3ZOE/)se fracassent le crâne directement avec des marteaux", tranche un internaute. La remise en question est d'autant plus difficile que les influenceurs adulés brandissent eux-mêmes leurs blessures en trophées. En 2025, Androgenic postait une série de photos, visage ensanglanté et yeux tuméfiés.Cours de "bone smashing" et d'automédicationPour les stars du "bone smashing", l'automutilation est avant tout un business bien huilé. Eux-mêmes ne se satisfont pas de la pratique : alors qu’ils s’époumonent à défendre son efficacité, la quasi-totalité des looksmaxxers a en réalité eu recours à la chirurgie esthétique (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/chirurgie-esthetique-la-colombie-un-eldorado-pour-charlatans_2177751.html) : rhinoplastie, bichectomie - l'ablation de graisse dans les joues - injections dans les pommettes et la mâchoire…Qu’importe, des influenceurs publient jour après jour des photos de leur évolution. Et, contre quelques milliers d’euros, certains proposent "d’enseigner" le looksmaxxing à leurs fans, leur transmettant les secrets de la méthode. En 2025, Androgenic, l'un de ces influenceurs (https://www.lexpress.fr/societe/tiktok-enquete-sur-ces-influenceurs-islamistes-qui-envahissent-la-plateforme-V6Y5V5TF6RAT7OSVQBC4ROBSGQ/), a fondé également son "académie" de looksmaxxing. Assurant qu'il croule sous les candidatures, cette star des réseaux sociaux exige que ses futurs élèves se soumettent à des entretiens de sélection. L'Express s'est prêté au jeu, se faisant passer pour un mineur en détresse. Rapidement, nous avons été reçus par Aaron*, l'un des employés d'Androgenic installé aux Etats-Unis. Au cours d'un échange de près d'une heure, ce dernier nous a promis de nous enseigner le "bone smashing", assurant que la méthode était "on ne peut plus sûre". Même pour les mineurs ? "Oui", tranche celui qui vient de fêter ses 18 ans.S'empressant de dégainer son téléphone, le coach exhibe des photos de sa musculature à la webcam. Il fanfaronne : lui-même pratique le looksmaxxing (https://www.lexpress.fr/societe/la-nebuleuse-masculiniste_2017489.html) depuis son adolescence. D'ailleurs, l'académie a l'habitude de recevoir des mineurs,

  • une audience jeune, dont certains témoignent ouvertement de leur détresse psychologique (https://www.lexpress.fr/societe/un-tiers-des-jeunes-francais-presentent-des-symptomes-anxieux-ou-depressifs-selon-une-etude-E4IZK4VT3RBMBBYBC6KHVWWYW4/), ils certifient que suivre leur enseignement transformera le quotidien de leurs "followers" : succès au travail, succès dans les relations sociales, succès auprès des femmes… Tous les arguments sont bons pour faire tourner la machine.Malgré les dangers évidents que comporte le fait de s’assener des coups répétés à la tête, les promoteurs du "bone smashing" n’hésitent pas à encourager leurs fans à reproduire la méthode chez eux. Parfois en substituant les poings par des objets contondants, allant jusqu’au marteau. Qu’importent les avertissements de la communauté médicale, les looksmaxxers persistent et signent : la pratique serait sans danger, et son efficacité reposerait sur la science. En symphonie, tous recrachent inlassablement les mêmes mots : la loi de Wolff. Des risques "d'asymétrie ou déformation permanente du visage"Enoncée par un chirurgien allemand au XIXe siècle, cette découverte stipule que l'os d'un individu sain s'adapte aux contraintes mécaniques qu'il subit : il se renforce là où il est sollicité et se fragilise là où il ne l'est plus. Sauf que si la loi de Wolff permet d'expliquer pourquoi les sportifs développent une densité osseuse accrue dans les zones les plus mises à contribution, la pratique des "bone smashers" n'a rien à voir avec celle d'un athlète expérimenté. "La loi de Wolff concerne des contraintes physiologiques qui sont progressives, comme la marche ou la musculation, et pas des traumatismes répétés au visage", indique le docteur David Couchat, porte-parole de la fédération française d’orthodontie. Or, pour les looksmaxxers (https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/des-males-dominants-une-etude-sur-les-primates-deconstruit-un-vieux-mythe-WX6E5OHHYVCYDEAEH4W7XFPSS4/), qui invitent souvent leurs disciples à se violenter jusqu'à la frature, il n'est pas question d'un effort répété et encadré sur le long terme. "C'est une très mauvaise interprétation de la loi de Wolff, et aujourd'hui, on n'a aucune preuve scientifique montrant que cela peut remodeler le visage", détaille le médecin.Ensuite, il est impossible de contrôler l'intensité des coups auto infligés, et encore moins de garantir la moindre symétrie d'une zone à l'autre. Si un os dont les cassures ne sont pas recollées par un plâtre peut techniquement s’agrandir lors de la cicatrisation, rien ne permet d'affirmer qu'il se reconstruira de la même manière sur chaque moitié du visage, ni qu'il gagnera en volume. C'est "complètement aléatoire", résume David Couchat. En revanche, ce qui est certain et documenté, ce sont les nombreux risques auxquels s'exposent les adeptes du "bone smashing". "Fracture des os du visage, lésion des dents et des racines dentaires, atteinte de l'articulation temporomandibulaire, risque de lésion nerveuse avec perte de sensibilité, asymétrie ou déformation permanente du visage....", énumère le praticien.Plus dangereux encore, nombre de ces jeunes ciblent leurs pommettes, espérant les rendre plus saillantes. Sauf que, dans cette zone se trouve la cavité orbitaire, c’est-à-dire "tout le paquet vasculo-nerveux" de l'œil (https://www.lexpress.fr/sciences-sante/quand-les-boutiques-iris-galerie-inventent-une-pseudoscience-pour-booster-leurs-ventes-FVWJDD6X2RFVPCNR7P4OME3RRI/). S'ajoutent alors les risques de traumatismes crâniens et d'hémorragies, particulièrement redoutables à ce niveau du visage, et pouvant entraîner des conséquences allant jusqu'à l'AVC."Les vrais hommes se fracassent le crâne directement avec des marteaux"Alors même que l'aspect scientifique revendiqué par les looksmaxxers est très simple à démystifier, et que les dangers, eux, sont largement documentés, les avertissements de la communauté médicale ne parviennent pas à détourner les jeunes du "bone smashing".

  • "Bone smashing" : enquête sur ce phénomène dangereux qui pousse des ados à se frapper le visage https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/bone-smashing-enquete-sur-ce-phenomene-dangereux-qui-pousse-des-ados-a-se-frapper-le-visage-ET3D5F5X75GRRGXP5ZHPNQRQXA/ En direct, devant ses dizaines de milliers d’abonnés, Androgenic se martèle le crâne à coups de phalanges. En extase, ses camarades l’encouragent, couvrant par leurs hurlements le bruit sourd du poing qui s’écrase contre ses pommettes. Son visage rougit à vue d’œil. Pas de quoi gommer le sourire crispé qu’il exhibe à la caméra. Tremblantes, ses paupières trahissent la douleur qu’il tente de dissimuler derrière un torse gonflé. Quelques minutes plus tard, un autre jeune homme, tout juste sorti de l’adolescence, reproduit le rituel. Fièrement, il expose son visage tuméfié à Androgenic. C’est son tout premier essai. Alors qu’une bosse surgit à la lisière de son œil, il interroge son mentor. Doit-il s’inquiéter ? Certainement pas. "Frappe de toutes tes forces", lui rétorque l'influenceur (https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/influenceurs-plongee-dans-les-coulisses-de-cette-nouvelle-industrie-BBBKYPDYCFHO7MCPF4GHIEQUO4/) australien, euphorique.La scène, diffusée sur la sulfureuse plateforme de streaming, Kick (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/mort-de-jean-pormanove-sur-kick-la-souffrance-de-lautre-un-spectacle-vieux-comme-rome-SZC2ZSD2HJEKXJ3LCRDUO5GWU4/), n’a rien du coup de folie ou de la mauvaise blague. Depuis quelques années, ces vidéos d’automutilation (https://www.lexpress.fr/monde/paralympiques-2016-l-automutilation-comme-produit-dopant_1826955.html) pullulent sur les réseaux sociaux (https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/reseaux-sociaux-et-sante-mentale-ces-chiffres-alarmants-sur-les-risques-de-depression-chez-les-ados-TI5QZOIFVFG7DOBCWM5JF6UCFE/). Le but du "bone smashing", ou "fracassage d’os" ? S’"embellir" en remodelant à coups de poing la forme de son visage. Pendant plusieurs semaines, nous avons enquêté sur le phénomène, alertés par sa banalisation auprès des jeunes (https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/meta-google-instagram-comme-le-tabac-ils-sont-rattrapes-par-leurs-effets-secondaires-5DHKMD773ZGKZAJHAPNRKT62FA/). Derrière une pratique évidemment dangereuse, L’Express a découvert un business bien rodé par des influenceurs qui ne reculent devant rien (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/aux-etats-unis-ces-influenceurs-maga-qui-tentent-de-rehabiliter-adolf-hitler-5FBCKFQVABGVNGXAMFPNEIIHVI/). Quitte à manipuler la science, à encourager des mineurs à s’automutiler, et même à s'automédicamenter. Et si les créateurs de contenu français peinent encore à s'imposer dans le paysage looksmaxxing, le public local, lui, semble déjà conquis.Une tendance importée par les masculinistesLongtemps enseveli dans les abysses du web, le "bone smashing" a été popularisé par la communauté des looksmaxxers. Ces jeunes, souvent des hommes, se démarquent par leur quête obsessionnelle de beauté. Un groupe qui n’est en réalité qu’une branche, très esthétique, de la mouvance masculiniste (https://www.lexpress.fr/informations/un-attentat-dun-masculiniste-revendique-dejoue-le-jeune-de-18-ans-ecroue-IKJOEHY3MFCS5FTLQVW5TVXL3Y/), traversée par des discours profondément misogynes et homophobes. Les standards que les looksmaxxers s’imposent puisent leurs sources dans une conception caricaturale et datée de la virilité : biceps gonflés à bloc, abdos saillants, mâchoires carrées, joues creusées, regards de "chasseur"…Le concept, pourtant, séduit. Sous les publications des influenceurs (https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/coachs-de-vie-influenceurs-gourous-comment-ils-nous-manipulent-DL4C6743VZDCNDL2E57KXCLAMQ/) qui cochent ces cases, les fans affluent par milliers pour les abreuver de compliments. D’autres demandent conseils : comment leur ressembler ? Car ces starlettes assurent que la beauté est la clef du bonheur. S’adressant à

  • juifs. Les Arabes israéliens musulmans, plus de 2 millions, ont un taux de fécondité légèrement supérieur à 3, mais la baisse est spectaculaire depuis les années 1960 (près de 10 enfants par femme). Ces chiffres sont gonflés par les 300 000 Bédouins dans le désert du Néguev, qui ont un taux de fécondité au-dessus de 5. Les Arabes chrétiens et druzes sont eux déjà passés sous le seuil de renouvellement. S’il est impossible de faire des projections pour Gaza au vu de la situation humanitaire catastrophique, la Cisjordanie, elle, suit les mêmes tendances. "On y voit une baisse graduelle de la natalité comme chez les musulmans israéliens, avec un passage de 3 à 2,5 enfants", note Sergio Della Pergola. Israël a également une dynamique démographique bien plus forte que le reste du Moyen-Orient. Les taux de fécondité se situent à 2,2 au Liban, 2,3 en Égypte ou même 1,5 dans les Émirats arabes unis. L’ennemi principal, l’Iran, en est à 1,7 enfant par femme, preuve de la dichotomie entre un régime islamiste et une population perse sécularisée et éduquée. "L’Iran est précurseur dans le monde musulman. La réduction de la fécondité est quand même un index de modernisation, et d’une certaine indépendance des femmes. L'Iran a ainsi tout d’une grand illusion optique. D'un côté, il y a une société moderne avec des élites très capables. Ils ont développé la bombe nucléaire avec leurs ingénieurs. L'Iran a tout d'une société européenne, sauf que la société civile subit un régime des ayatollahs et des gardiens de la révolution" estime Sergio Della Pergola.Pour les démographes, l’écart grandissant entre Israël et les populations arabes est une donnée essentielle pour le futur de la région. "Si j’étais un dirigeant arabe, je ferais pression pour parvenir à un accord avec Israël dès que possible au sujet de Gaza", estime même Jesus Fernandez-Villaverde. Mais la société israélienne fait elle aussi face à des mutations et des décisions majeures. D’ici à 2050, Israël devrait être un État de plus en plus juif, mais aussi de plus en plus religieux. Près de la moitié des enfants qui ont entamé leur scolarité l’année dernière allaient dans des établissements ultraorthodoxes. "En ce moment, les haredim représentent autour de 14 % de la population. Vers 2050, on sera autour de 25 ou 30%", estime Sergio Della Pergola. Cela pose d’importantes questions pour la sécurité du pays : depuis 1948, les personnes qui consacrent leur vie à l’étude des textes religieux sont exemptées de service militaire. Mais les conséquences seront aussi économiques, alors que la majorité des hommes ultraorthodoxes ne travaillent pas. Les femmes de cette communauté ont certes un taux d’emploi plus élevé, mais avec des salaires modestes. Les choix politiques concernant la conscription ou l’éducation des haredim s’avèrent donc cruciaux pour l’avenir du pays. Les élections législatives du 27 octobre sont sans doute déjà décisives…La disparition de l’Europe de l’Est ? En France, le déclin des naissances devient, peu à peu, une préoccupation nationale. En Europe de l’Est, il s’agit déjà d’une inquiétude existentielle. Sur le plan démographique, ces pays traînent comme un boulet l’effondrement du bloc communiste et une difficile transition économique, qui ont provoqué une chute de la natalité dans les années 1990. En dépit d’un petit redressement dans les années 2000 et 2010, la tendance est à nouveau à la baisse. A quoi il faut rajouter une importante émigration vers l’Europe occidentale, notamment chez les jeunes. La Bulgarie a atteint son pic dès la fin des années 1980, passant depuis d’une population de 9 millions à moins de 7 millions. A la fin du siècle, elle pourrait avoir moins de 4 millions d’habitants. A la même date, le plus grand pays balte, la Lituanie, pourrait ne plus avoir qu'1,3 millions de citoyens, contre 2,8 millions actuellement.Icône des politiques natalistes chrétiennes, Viktor Orban n’y a rien changé. Si la Hongrie a vu son taux de fécondité remonter de 1,2 à 1,6

  • Donald Trump rencontre Xi Jinping en Chine, le 15 mai 2026.A l’inverse, les Etats-Unis ont aujourd’hui un taux de fécondité de 1,6. Surtout, contrairement à la Chine, ils savent attirer et intégrer des talents venus du monde entier. "Un nombre très important d’Européens, d’Asiatiques, d’Africains, parmi les plus ambitieux, souhaitent s’installer aux États-Unis. Un bon nombre de Chinois veulent venir. C’est un atout incroyable", observe le Canadien Dan Wang, auteur de La Chine a toute vitesse (traduit à la rentrée par les éditions Arpa), un essai salué comparant les modèles chinois et américain (https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/dan-wang-stanford-que-trump-et-xi-soient-amis-serait-inquietant-quils-saffrontent-serait-ZXJN2W2TSNC6ZIEBMR73TDQW4M/).Pour l'Amérique, tout dépendra donc de sa capacité à absorber de nouveaux venus, sans provoquer trop de tensions politiques en interne. "La seule chose qui empêchera les États-Unis de rétrécir, ce sera l’immigration. Il y a une forte polarisation sur le sujet. Nous passons d’un extrême à l’autre en fonction des présidents. Mais si les États-Unis restent ouverts à l’immigration, ils continueront à avoir une main-d’œuvre croissante, et moins vieillissante qu’ailleurs", décrypte Nicholas Eberstadt. Quand le Japon a entamé son déclin démographique, une dizaine d'années avant la Chine, son niveau de vie était deux fois supérieur. "En un sens, la grande Chine est déjà derrière nous, assure même Jesus Fernandez-Villaverde, professeur à l’université de Pennsylvanie. Prédisant qu’après 2050, le pays se retrouvera dans une situation "très délicate" du fait d'une population en déclin rapide, cet économiste espagnol fait un pronostic audacieux: "Le XXIe siècle ne sera pas le siècle de la Chine."Israël, une exceptionTous les pays riches dans le monde sont passés sous le seuil de renouvellement des générations, sauf un. Avec près de 3 enfants par femme, Israël est une anomalie démographique. La religiosité joue un rôle incontestable: les haredim, ou juives ultraorthodoxes, font plus de 6 enfants en moyenne. Mais les juifs se définissant comme séculiers ont un taux de fécondité de 1,9, bien supérieur aux laïcs dans le monde occidental. La natalité israélienne a même rebondi dans les années 1990, quand l’économie a connu un boom grâce notamment à la vague migratoire, hautement qualifiée, venue des anciens pays du bloc soviétique.Les démographes avancent plusieurs explications : structures familiales plus traditionalistes qu’en Europe, fort sens collectif du fait de la nature particulière de cet Etat comme des menaces constantes qui pèsent sur lui, technologies de pointe liées à la fertilité… Sergio Della Pergola, professeur émérite à l’université hébraïque de Jérusalem qui fait référence sur le sujet, souligne également l’optimisme de la population israélienne : "C’est un peu paradoxal pour un pays qui est en guerre, mais dans le dernier World Happiness Report, Israël se place à la huitième place. Je vois les jeunes qui continuent à danser, à être heureux. Cet optimisme est favorable au fait d’avoir des enfants. C’est un état psychologique qui n'est pas seulement lié à la foi religieuse, mais aussi à la jeunesse de la société israélienne". Israël, aujourd’hui 10 millions d’habitants, devrait en 2050 dépasser les 15 millions. Selon le Bureau central des statistiques, d’ici à 2065, le taux de fécondité pourrait se réduire à 2,5 ou moins, mais sera toujours supérieur au seuil de renouvellement des générations.De nature nationaliste et religieux, le conflit israélo-palestinien est aussi démographique. David Ben Gourion, premier dirigeant d’Israël, considérait le nombre de citoyens juifs comme un enjeu essentiel pour la pérennité de l’État. Actuellement, si l’on considère Israël et les territoires palestiniens, il y a un nombre similaire de juifs et d’Arabes musulmans, environ 7,5 millions. Mais, contrairement à une idée reçue, la natalité des musulmans est en train de plonger sous celle des

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  • Etats-Unis contre Chine, Israël, Europe : comment la démographie va bouleverser l'ordre mondial en 2050 https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/etats-unis-contre-chine-israel-europe-comment-la-demographie-va-bouleverser-lordre-mondial-en-2050-UI4FIQJBLBG35JBL46RUMZKVMA/ La démographie va jouer un rôle clé dans les évolutions géopolitiques du XXIe siècle. A l’aide d’éminents spécialistes, L’Express explique comment le Moyen-Orient, l'Europe et même la course au leadership mondial entre les Etats-Unis et la Chine pourraient être bouleversés d’ici à 2050 par des dynamiques de fécondité ou d'immigration très différentes en fonction des sociétés.Etats-Unis - Chine : l’atout américainC’est le "match du siècle". Qui des Etats-Unis ou de la Chine sera la première puissance mondiale en 2050 (https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-la-chine-a-pris-lavantage-sur-les-etats-unis-dans-lopinion-mondiale-U34N7FY7AVDAFJXNNLSF7BGSKU/) ? Une certitude : naissances et migrations seront au moins aussi importantes que l'intelligence artificielle. Selon les projections, la population des Etats-Unis (350 millions) continuera de croître légèrement. La Chine, elle, est en déclin démographique depuis 2022. Les projections anticipent un recul de 1,4 à moins de 1,3 milliard d'habitants en 2050. Selon les Nations unies, sa population pourrait s’effondrer à moins de 650 millions à la fin du siècle, soit une réduction de plus de la moitié.Il est tentant d'en attribuer la responsabilité à la déplorable politique de l’enfant unique instaurée après la mort de Mao. En réalité, la Chine a suivi les tendances de ses voisins asiatiques. Le taux de fécondité a même sombré après l’abandon officiel de cette politique en 2015, passant de 1,7 à 1. "La politique démographique chinoise oscille entre stupidité et folie depuis cinquante ans, tacle Nicholas Eberstadt, chercheur à l’American Enterprise Institute (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/les-etats-unis-une-superpuissance-rongee-de-linterieur-lalerte-de-leconomiste-nicholas-eberstadt-PHTF3RHH55AJ3EQVKWCIOYBXME/). Quand le régime a voulu faire l’inverse de sa politique de l’enfant unique, parfaitement inhumaine, il a pensé qu’il suffirait d’augmenter les quotas des naissances, gérant son peuple comme un troupeau. Mais le contraire s’est produit. La chute de la natalité depuis dix ans est un vote de défiance contre la dictature". Depuis 2021, le Parti communiste chinois (PCC) défend un modèle de trois enfants. Xi Jinping promeut une politique nataliste conservatrice, excluant les femmes des hautes sphères du pouvoir et les renvoyant à leur statut de mère. En début d’année, le préservatif comme la pilule ont fait l’objet d’une taxe de 13%. Mais pour tous les experts interrogés, le régime échouera, même s’il peut s’appuyer sur un système totalitaire. "Il n’y a aucune raison de supposer que la dictature chinoise n’essaiera pas d’utiliser la force pour augmenter le taux de natalité, comme elle l'a fait pour le faire baisser. Elle dispose du système de crédit social pour tenter de pousser les gens à se marier et faire des enfants. Mais il est très difficile d’utiliser la contrainte pour augmenter les naissances", assure Nicholas Eberstadt.