tgindex
Petites citations catholiques

Petites citations catholiques

Статистика
@EgliseCatholiqueфранцузский

Pour se rappeler les enseignements de l’Église et de ses Pères.

Последний пост
9 авг.
Последнее чтение
15 авг.
Постов за неделю
0
Всего постов
20
Тип
открытый
Язык
французский
В каталоге с
12 авг.
Подписчики
473
+2 за 3 дн.
Сутки
0
0,00%
Неделя
 
Месяц
 
Просмотров на пост
388
20 постов
Вовлечённость
82,0%
к подписчикам
Постов в день
0,0
всего 20
Упоминаний
1
каналов
Охват размещения
оценка
1/24сутки в ленте
172
1/48двое суток
197
1/72трое суток
212

Оценка по просмотрам недавних постов: пост набирает почти всё за первые сутки.

Посты

  • La prière persévérante Pesez les qualités de la foi et de la prière. Qu’on la fasse sans hésiter, pour peu que ce soit, avec une pleine persuasion : c’est ce que saint Paul appelle, plénitude de persuasion : que la Vulgate a traduit simplement, in plenitudine multi : avec une grande plénitude. Ce que le même saint Paul appelle ailleurs : plénitude d'intelligence ; et ailleurs en termes formels : plénitude de l'espérance, et plénitude de la foi. C’est donc à dire, qu’il faut avoir une foi si pleine qu’elle ne se démente par aucun endroit, et qu’on n’ait nulle défiance du côté de Dieu ; comme le même saint Paul le dit d’Abraham, qu’il n’hésita point par défiance ; mais se fortifia dans la foi, donnant gloire à Dieu ; pleinement persuadé et convaincu qu’il est puissant pour accomplir tout ce qu’il promet. Voilà donc la foi qui obtient tout, et la foi qui nous justifie, selon le même saint Paul dans le même endroit. Telle est donc la première condition de la prière marquée dans notre Évangile, qu’elle se fasse avec une pleine foi. La seconde y est encore marquée : Qu’on pardonne sincèrement à son frère, si on a quelque chose contre lui. On obtient donc tout ce qu’on demande, si on le demande avec un cœur plein de foi en Dieu, et en paix avec tous les hommes. Voilà ce que Dieu demande, un cœur sans aigreur et sans défiance : on a tout de lui à ce prix. Bossuet, Méditations sur l’Évangile

  • Être des saints Plusieurs semblent penser : il suffit après tout que je sois sauvé ; il n’est pas nécessaire d’être un saint. II n’est pas nécessaire d’être un saint qui fait des miracles et dont la sainteté est officiellement reconnue par l’Église, c’est bien évident ; mais, pour être sauvé, il faut prendre le chemin du salut, et celui-ci est en même temps celui de la sainteté : Il n’y aura au ciel que des saints, soit qu’ils y soient entrés immédiatement après la mort, soit qu’ils aient eu besoin d’être purifiés au purgatoire. Nul n’entre au ciel, s’il n’a cette sainteté qui consiste à être pur de toute faute ; toute faute même vénielle doit être effacée, et la peine due au péché doit être supportée ou remise pour qu’une âme jouisse à jamais de la vision de Dieu, le voie comme il se voit et l’aime comme il s’aime. Si quelque âme entrait au ciel avant la rémission totale de ses fautes, elle ne pourrait pas y rester, et elle-même se précipiterait au purgatoire pour être purifiée. La vie intérieure du juste qui tend vers Dieu, et qui déjà vit de lui, est bien l’unique nécessaire ; pour être un saint, il n’est évidemment pas indispensable d’avoir reçu une culture intellectuelle, ou d’avoir une grande activité extérieure ; il suffit de vivre profondément de Dieu. C’est ce que nous voyons chez les saints de l’Église primitive, dont plusieurs étaient de pauvres gens, même des esclaves ; c’est ce que nous voyons chez un saint François, chez un saint Benoit-Joseph Labre, chez un Curé d'Ars et tant d’autres. Tous ont profondément compris cette parole du Sauveur : « Que sert de gagner l’univers si l’on vient à perdre son âme ? »Si l’on sacrifie tant de choses pour sauver la vie de son corps, qui finalement doit mourir, que ne devrait-on pas sacrifier pour sauver la vie de son âme, qui doit durer éternellement ? L’homme ne doit-il pas aimer son âme plus que son corps ? « Que donnera un homme en échange de son âme ? » ajoute le Sauveur. — Unum est necessarium, dit encore Jésus : Une seule chose est nécessaire, écouter la parole de Dieu et en vivre pour sauver son âme. Reginald Garrigou-Lagrange, Les trois âges, Introductions, p.3 (QMé, 2022)

  • L’humilité dans la prière L’humilité, nous le savons, naît de la conscience de ce qu’est Dieu et de ce que nous sommes devant lui. L’habitude d’être en rapport avec Dieu, la facilité avec laquelle il se laisse aborder, les formes très humbles qu’il prend lui-même lorsqu’il descend vers nous : rien de tout cela ne doit diminuer notre respect. C’est une des marques les plus assurées de l’illusion que de traiter Dieu comme un égal, comme un homme qui a contracté avec nous et avec lequel nous sommes en comptes. Lorsque le Seigneur, dans l’Évangile, nous invitait à la prière confiante, pressante, même importune, il n’entendait point légitimer par avance le ton étrange de sommation, de réquisition, que prennent parfois les demandes — et quelles demandes ! — de chrétiens mal éclairés. Quelle que soit la dignité surnaturelle à laquelle Dieu nous ait élevés, il n’y a jamais motif pour nous élever nous-mêmes, pour concevoir de l’audace, ni pour oublier qui est Dieu. Dom P. Delatte, Commentaire sur la règle de S. Benoît, Ch. XX, p. 218 (Solesmes, 1985)

  • 19 июл.1 350514

    Les mérites Dans le martyre, en effet, nous sommes récompensés en raison de ce que nous souffrons non pas extérieurement mais volontairement pour Jésus-Christ ; car le mérite comme le démérite trouvent leur principe au dedans et non pas au dehors de l’homme. Plus la volonté surmonte d’obstacles pour accepter les souffrances, plus aussi, en les acceptant pour Jésus-Christ, elle lui montre un attachement solide et mérite une récompense excellente. Le mérite repose sur une triple base : d’abord sur la difficulté de l’œuvre, comme nous le remarquons dans le martyre ; car, au jugement de saint Grégoire, il y a plus de mérite à supporter les adversités avec patience qu’à se livrer avec ardeur à de bonnes œuvres. La seconde base du mérite c’est la promptitude de la volonté ; car, selon l’Apôtre (II Cor. IX, 7), Dieu aime celui qui donne de bon cœur ; et, selon saint Augustin, personne ne fait du bien malgré lui, quelque bon que soit l’acte en lui-même. La troisième base du mérite est la grandeur de la charité. De même que tous les objets du Temple devaient être estimés au poids du sanctuaire, selon le précepte du Lévitique (XXVII) ; de même aussi toutes les œuvres du Chrétien sont appréciées devant le tribunal du souverain Juge, en raison de la charité d’où elles procèdent. Or, nos bonnes œuvres méritent un triple bien, savoir : le bonheur de la vie éternelle, l’augmentation de la grâce et la rémission de la peine. Le bonheur de la vie éternelle, qui est la récompense essentielle, correspond à la racine de l’œuvre, à la charité. L’augmentation de la grâce, qui est la récompense accidentelle, correspond à l’espèce de l’œuvre ; ainsi les œuvres plus parfaites qui sont de surérogation nous méritent une augmentation de grâce plus considérable que les autres. Quant à la rémission de la peine, elle correspond à la difficulté de l’œuvre ; ainsi les œuvres plus difficiles méritent la rémission d’une peine plus grave, car c’est un axiome en théologie que la peine compense la peine. Ludolphe le Chartreux, La grande vie de Jésus-Christ, t. III, ch. LXVI, p. 379 (Dom Broquin, 1871)

  • Le vrai chrétien Le vrai chrétien, fruit de l’éducation chrétienne, est donc l’homme surnaturel qui pense, juge, agit, avec constance et avec esprit de suite, suivant la droite raison éclairée par la lumière surnaturelle des exemples et de la doctrine du Christ, ou, pour employer une expression actuellement courante : un homme de caractère, vraiment accompli. Ce n’est pas n’importe quelle suite ou fermeté de conduite, basée sur des principes tout subjectifs, qui constitue le caractère, mais la constance à obéir aux éternels principes de la justice. Le poète païen le reconnaît lui-même, quand il loue, sans les séparer, les deux qualités de « l’homme juste et ferme dans sa résolution ». C’est d’ailleurs une condition de la pleine justice que de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, comme le fait le vrai chrétien. Pie XI, Encyclique Divini Magistri illius, 31 décembre 1929

  • L’humilité, fondement des autres vertus Mais quelqu’un dira peut-être : Comment peut-on avancer que l’humilité est le fondement de toutes les autres vertus et de tout l’édifice spirituel, puisqu’il est certain que la foi en est le fondement, et que, selon les paroles de l’Apôtre : Personne ne peut mettre d’autre fondement que celui qui est déjà mis, qui est Jésus-Christ ? Saint Thomas répond très-bien à cette objection, en disant : II faut deux choses pour bien faire les fondements d’une maison. Premièrement, il faut ouvrir la terre, jeter toute celle qui est légère et sablonneuse, et creuser toujours jusqu’à ce qu’on trouve une terre assez solide pour bâtir. En second lieu, après qu’on a bien creusé, et qu’on a enlevé tout Ie sable, on commence à asseoir la première pierre, laquelle, avec les autres qu’on pose dans Ie même rang, fait Ie fondement principal du bâtiment. Voilà, continue le saint, l’image de ce que font l’humilité et la foi dans l’édifice spirituel. L’humilité fait l’ouverture de la terre, elle creuse les fondations, et elle en jette dehors tout Ie sable qui est la faiblesse des forces humaines ; car ce n’est pas sur vos propres forces qu’il faut bâtir ; ce n’est qu’un sable mouvant qu’il faut jeter, en vous défiant de vous-même, et en creusant toujours jusqu’à ce que vous trouviez un terrain ferme pour y placer la première pierre ; et cette pierre est Jésus-Christ, qui est le principal fondement de tout l’édifice. R. P. Alphonse Rodriguez, Pratique de la perfection chrétienne, t. 3, part. II traité III ch. II p. 6 (Louis Vivès, éditeur 1875)

  • Le travail Mes frères, le travail que nous faisons nous rappelle notre exil, notre pauvreté et notre iniquité. Pourquoi sommes-nous, tant que dure le jour, aux prises avec la mort, dans des jeûnes réitérés, dans des veilles fréquentes, dans les fatigues, et dans toutes sortes de peines ? Est-ce pour cela que nous avons été créés ? Non certes, car si l’homme est né pour le travail, ce n’est pas pour le travail qu’il a été créé. Sa naissance est dans le péché, voilà pourquoi elle est aussi dans le châtiment. Il nous faut tous gémir avec le Prophète, et dire : « J’ai été conçu dans l’iniquité, et c’est dans le péché que ma mère m’a conçu (Psal. L, 7). » Notre création était étrangère à l’une et à l’autre, car Dieu n’a pas plus fait la peine qu’il n’a fait la faute, nous en avons d’ailleurs pour garant le témoignage même des Écritures, qui nous disent, en parlant de la mort, la plus grande de toutes les peines : « C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde (Sap. II, 24) ; » et ailleurs : « Ce n’est pas Dieu qui a fait la mort (Ibid. I, 13). » Aussi, de même que, pendant que les mains travaillent, l’œil ne se ferme pas, et l’oreille ne cesse point d’entendre, ainsi, et même à plus forte raison, pendant que notre corps travaille, notre âme doit-elle être tout entière à son œuvre, et ne point se laisser aller au repos. Qu’elle se représente la cause de son travail, pendant qu’elle l’accomplit, afin que la peine qu’elle endure lui rappelle la faute pour laquelle elle l’endure, et qu’en voyant les bandages de ses blessures, elle songe aux blessures mêmes qui se cachent dessous. C’est, en effet, par ces pensées que nous nous humilions sous la main puissante de Dieu, et que notre âme, pleine d’une douce piété, se montre misérable à ses yeux. Voilà pourquoi l’Écriture nous dit : « Ayez pitié de votre âme, et vous plairez à Dieu (Eccli. XXX, 24). » Or, il n’y a pas de doute que la misère qui réussit à plaire à Dieu, ne puisse facilement obtenir sa miséricorde. Et ne disons point : Pour quel motif aurions-nous pitié de nos âmes ? car si nous ne fermons pas sottement les yeux, nous pourrons aisément trouver en elle bien des choses dignes de pitié. S. Bernard, Œuvres complètes t. III, Trente-neuvième sermon divers, p. 634 (Vivès, 1867)

  • L’humilité Pour vous conserver dans le saint amour de Dieu, je vous recommande d’être humbles. L’humble fuit le danger, et si une tentation se présente, il recourt à Dieu avec confiance. L’orgueilleux au contraire se jette dans le péril et tombe dans la disgrâce de Dieu. Sans humilité vous ne ferez aucune action vraiment bonne, ni n’acquerrez une vertu solide et durable. Dieu résiste aux superbes et fait miséricorde aux humbles. Les humbles sont ses amis, et il les regarde toujours d’un œil plein de bonté. Du reste, si vous vous considérez vous-mêmes, loin de vous enorgueillir, vous trouverez facilement cent motifs de vous humilier. Vous appartenez à une famille honorable : mais c’est là un pur don de Dieu. Vous avez au collège des maitres éclairés, prudents, vertueux : c’est encore un bienfait de Dieu. Vous vivez, je l’espère, dans la grâce du Seigneur : vous le devez uniquement à sa divine bonté. Tout ce qu’il y a de bon en nous est un don de Dieu. Nous en sommes redevables à sa générosité, et ce serait folie de nous en glorifier. Si maintenant vous considérez vos défauts, et c’est tout ce qui vous appartient en propre, vous y trouverez un sujet permanent d’humiliation. Par humilité, obéissez avec amour et reconnaissance à vos supérieurs. Leurs leçons, leurs marques d’affection, leurs corrections, sont également des fruits de leur charité à votre égard. Quelquefois les corrections paraissent dures, mais c’est par bonté que vos maitres vous les infligent. Obéissez-leur comme à de vrais pères, puisque votre père les a choisis pour le remplacer auprès de vous. Témoignez-leur obéissance, respect, affection, comme à votre propre père. Agissez ainsi pour faire plaisir à Dieu, à votre père, et à moi. S. Alphonse de Liguori, Lettre à ses neveux, du 1er septembre 1779

  • Que devons-nous aux anges et aux saints ? Pour les âmes saintes, ce n’est plus seulement l’imitation que nous leur devons, de même que ce n’est pas seulement leur secours que nous avons à demander aux anges, mais nous devons brûler du désir de jouir de leur présence, d’être avec eux, de voir quelles sont ces colonnes du ciel qui soutiennent le globe de la terre, ces êtres où brille et reluit, d’un vif éclat, le signe si grand et si excellent de la divinité. S. Bernard, Œuvres complètes t. III, Seizième sermon divers, p. 562 (Vivès, 1867)

  • L’Eucharistie, unité de la famille humaine La foi en l’Eucharistie, sa présence permanente, le renouvellement mystique du sacrifice du Golgotha, la communion physique et spirituelle avec l’unique Rédempteur, le Christ, rappellent et stimulent les hommes à l’union fraternelle, mais, bien plus, ils la réalisent dans ce Corps mystique, dont les membres actuels sont si nombreux et auquel tous sont invités à s’intégrer. La foi et la communion eucharistique sont vraiment le lien donné par Dieu aux hommes pour reconstituer l’unité primitive de la famille humaine, brisée par la première faute. Pie XII, R. M. au Congrès eucharistique italien, 6 mai 1956

  • La Sainte Trinité Les choses faites pour la jouissance sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trinité identique à elle-même, unique et souveraine Réalité. Bien commun de tous ceux qui en jouissent. Est-elle toutefois une chose ? N’est-elle pas plutôt la cause de toutes les choses ? si tant est que ce terme même de « cause »puisse la désigner. Car il n’est pas facile de trouver un nom qui convienne à une Réalité si pleinement éminente, à moins pourtant de la définir ainsi. Cette Trinité est un seul Dieu de qui tout procède, par qui et en qui tout existe (Rom. XI, 36). Ainsi le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont, chacun pris à part, Dieu, et, pris tous ensemble, un seul Dieu. Chacun d’eux a la plénitude de la substance divine et, tous ensemble, une seule et même substance. Le Père n’est ni le Fils ni le Saint-Esprit ; le Fils n’est ni le Père ni le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit n’est ni le Père ni le Fils. Mais le Père est seulement le Père, le Fils est seulement le Fils, le Saint-Esprit est seulement le Saint-Esprit. À tous les trois appartiennent la même éternité, la même immutabilité, la même majesté, la même puissance. Dans le Père est l’unité, dans le Fils, l’égalité, dans le Saint-Esprit, l’harmonie entre l’unité et l’égalité, et ces attributs sont tous trois uns, à cause du Père, égaux à cause du Fils, harmonieusement unis entre eux, à cause du Saint-Esprit. S. Augustin, Le magistère chrétien, Doctrine chrétienne, liv. 1, ch. VI, p. 187 (Desclée, 1949)

  • La fête de la Pentecôte Mais, bien chers frères, nous faisons aujourd’hui la fête du Saint-Esprit, elle mérite d’être célébrée avec toute sorte de sentiments de joie et de dévotion, car il n’est rien de plus doux en Dieu que son Saint-Esprit ; il est la bonté même de Dieu, il n’est autre que Dieu même. Si donc nous faisons la fête des saints, à combien plus forte raison devons-nous célébrer la fête de celui par qui tous les saints sont devenus saints ? Si nous vénérons ceux qui ont été sanctifiés, à combien plus juste titre devons-nous honorer celui qui les a sanctifiés ? Nous faisons donc aujourd’hui la fête de l’Esprit-Saint qui a apparu sous une forme visible, tout invisible qu’il soit, et aujourd’hui ce même Esprit-Saint nous révèle quelque chose de sa personne, comme le Père et le Fils s’étaient précédemment révélés à nous ; car c’est dans la parfaite connaissance de la Trinité que se trouve la vie éternelle. Quant à présent nous ne la connaissons qu’en partie, et pour le reste qui nous échappe, que nous ne pouvons comprendre, nous le tenons par la foi. Pour ce qui est du Père, je le connais comme créateur de toutes choses, en entendant les créatures s’écrier toutes d’une voix : « C’est lui qui nous a faites, nous ne nous sommes point faites nous-mêmes (Psal. XCIX, 3), » et saint Paul, apôtre, dire : « Ce qu’il y a d’invisible en Dieu est devenu visible depuis la création du monde, par la connaissance que les créatures en donnent (Rom., I, 20). » Quant à son éternité et à son immutabilité, cela me dépasse trop pour que je puisse y rien comprendre, car il habite dans une lumière inaccessible. Pour ce qui est du Fils, j’en sais, par sa grâce, de grandes choses, je sais qu’il s’est incarné. Quant à sa génération éternelle, qui pourra la raconter (Isa. LIII, 8) ? Qui peut comprendre que le Fils est égal au Père ? En ce qui regarde le Saint-Esprit, si je ne connais point sa procession du Père et du Fils, car cette connaissance admirable est si loin de mon esprit, et si élevée que je ne pourrai jamais y atteindre (Psal. CXXXVIII, 8), du moins je sais quelque chose de lui, c’est l’inspiration. Il y a deux choses dans sa procession, c’est le lieu d’où il procède et celui où il procède. La procession du Père et du Fils se trouve, pour moi, enveloppée d’épaisses ténèbres, mais sa procession vers les hommes commence à devenir accessible à ma connaissance aujourd’hui, et elle est claire maintenant pour les fidèles. S. Bernard, Premier sermon pour le jour de la Pentecôte

  • La vertu d’espérance La vertu d’espérance est si agréable à Dieu, qu’il nous déclare qu’il met ses complaisances en ceux qui espèrent en lui ; et il promet à celui qui espère, et parce qu’il espère, de lui donner la victoire sur ses ennemis, la persévérance en la grâce, et la gloire éternelle : « Puisqu’il a espéré en moi, est-il dit dans les Psaumes, je le délivrerai, je le protégerai : je le sauverai de tous les dangers, et je le glorifierai. » Ailleurs : « Dieu les sauvera, parce qu’ils ont espéré. » Ailleurs encore : « Conservez-moi, parce que j’ai espéré en vous. » Et dans l’Ecclésiastique : « Personne n’a espéré dans le Seigneur, et n’a été confondu dans son attente. » Et soyons certains, que le ciel et la terre passeront, mais que les promesses et les paroles de Dieu ne passeront jamais. Saint Bernard dit en conséquence que tout notre mérite consiste à mettre en Dieu toute notre confiance. Et la raison de cela, c’est que celui qui espère en Dieu l’honore singulièrement : il honore la puissance, la miséricorde et la fidélité de Dieu, en croyant que Dieu peut et veut le sauver, et qu’il ne peut manquer aux promesses qu’il a faites de sauver celui qui espère en lui. Et le prophète nous assure que plus notre espérance sera grande, plus la divine miséricorde se répandra sur nous. S. Alphonse de Liguori, Œuvres complètes, t. V, Du grand moyen de la prière - Seconde partie - ch. IV, p. 597 (Louis Vives, 1877)

  • La procession des Rogations Si l’on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l’insouciance qui accompagne aujourd’hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l’affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d’édification ! Selon la discipline actuelle de l’Église, les Processions des Rogations, dont l’intention est d’implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d’obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l’église de la station, soit dans l’église même d’où la Procession est partie, si elle ne doit pas s’arrêter dans quelque sanctuaire. On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L’Église y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout entière. Si l’on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l’on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Église : on aura part aux avantages d’une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours ; enfin on aura fait acte de catholique. Dom Guéranger, L’année liturgique, Lundi des Rogations

  • La vie du juste Dans la vertu, tout est bien et il n'y a aucune sorte de mal. C’est pourquoi Dieu envoie au juste cette courte et magnifique instruction - Dicite justo quoniam bene : « Dites au juste que tout est bien. » (Isa.III,10). Dites-lui que l’heure de sa naissance a été une bonne heure et que l’heure de sa mort le sera de même ; que sa vie est bénie aussi bien que sa mort, aussi bien que la durée dont celle-ci sera suivie. Dites-lui que tout pour lui sera bien, les plaisirs et les peines, les amertumes et les douceurs, l’honneur et l’injure ; car tout tourne à bien, à ceux qui aiment Dieu. Dites-lui que le monde vint-il à être bouleversé, les éléments à se déchaîner, les deux à tomber en lambeaux, il ne doit pas craindre, mais lever la tête, parce qu'alors le jour de sa rédemption sera proche. Dites-lui que tout est bien ; à lui est déjà préparé le bien suprême, et il est affranchi du mal suprême de la compagnie de Satan. Dites-lui que tout est bien ; car, son nom est écrit sur le livre de vie ; le Père l’a reconnu pour son enfant, le Fils pour son frère, l’Esprit-Saint pour son temple. Dites-lui que tout est bien ; car la voie qu’il a suivie l’a bien conduit, bien pour son âme et bien pour son corps, bien pour Dieu et bien pour les hommes, bien pour la vie présente et bien pour la vie à venir ; ceux gui cherchent le royaume de Dieu avant toutes choses, obtenant le reste par surcroit. S’il parait en avoir été différemment dans quelque malheur temporel, la patience avec laquelle il a été supporté l’a transformé en un bien plus élevé ; car pour ceux qui pratiquent la patience, la perte se change en gain, les souffrances en mérites, les combats en triomphes. Lorsque Laban modifiait les conditions établies entre lui et Jacob, il croyait le faire au préjudice de son gendre et à son propre avantage ; mais le contraire arrivait, et Jacob retirait seul le fruit des conditions nouvelles. Louis de Grenade, La guide des pécheurs, Liv. prem. ch. XXIX p. 400(ASJ, 1983)

  • Pourquoi l’encensement des fidèles pendant la messe ? Lorsque le temple saint réunit l’assemblée des fidèles, et que l’encens a fumé sur l’oblation sainte et autour de l’autel, le célébrant qui offre le Sacrifice reçoit l’hommage de ce parfum mystérieux qui honore en lui le représentant du Christ ; le collège sacerdotal voit ensuite s’avancer vers lui le thuriféraire, qui vient rendre honneur à ceux qui sont marqués du caractère sacré ; mais l’encens ne s’arrête pas dans le sanctuaire. Voici que le thuriféraire vient se placer en face du peuple fidèle, et lui décerne au nom de l’Église ce même hommage que nous avons vu rendre au Pontife et aux prêtres ; car le peuple fidèle est aussi dans le Christ. Bien plus, lorsque la dépouille mortelle du chrétien, eût-il été le plus pauvre entre ses frères, est apportée dans la maison de Dieu pour y recevoir les derniers devoirs, ces devoirs sont encore un hommage. L’encensoir parcourt encore ces membres inanimés ; tant l’Église tient à reconnaitre et à honorer jusqu’au dernier moment le caractère divin que la foi lui révèle jusque dans le plus humble de ses enfants ! O peuple chrétien ! qu’il est Juste de dire de toi, et a plus forte raison, ce que Moïse disait de son Israël : « Non, il n’est pas de nation si grande et si comblée d’honneur ! » Dom Guéranger, Introduction au temps Pascal

  • Le Christ est notre Pâque Ce jour, où Notre-Seigneur Jésus-Christ est monté sur la croix, est pour nous un jour de fête ; car, sachez-le bien, la croix est maintenant un sujet de fête et de solennité spirituelle. Autrefois, le nom de croix était un nom d’ignominie ; aujourd’hui il désigne la plus vénérable des choses : autrefois c’était le symbole de la condamnation ; aujourd’hui c’est un principe de salut. De quels innombrables bienfaits la croix ne nous a-t-elle pas gratifiés ? Elle nous a délivrés de l’erreur ; elle nous a ramenés des ténèbres à la lumière ; nous étions en révolte contre Dieu, et elle a cimenté notre réconciliation ; nous étions à ses yeux des étrangers, et elle nous a ouvert les portes de sa maison ; nous étions éloignés de lui, et elle nous en a rapprochés : elle a détruit toute inimitié, elle nous a assuré la paix, elle est devenue pour nous un trésor de richesses inépuisables. Grâce à la croix, nous n’errons plus dans la solitude, car nous connaissons la véritable voie ; nous ne demeurons plus hors du palais, car nous en avons retrouvé la porte ; nous ne craignons plus les traits enflammés de l’ennemi, car nous savons où est la source qui les neutralise. Grâce à la croix, nous ne sommes plus dans l’amertume du veuvage, car nous avons reçu l’époux ; nous ne redoutons plus le loup ravisseur, car le bon pasteur est parmi nous. « Je suis le bon pasteur, » nous disait Jésus-Christ (Joan., x, 11). Grâce à la croix enfin, le tyran ne nous inspire plus de terreur, car nous sommes à côté de notre roi. Voilà pourquoi nous sommes en fête ; voilà pourquoi nous célébrons le souvenir de la croix. C’est Paul qui nous ordonne de célébrer la croix avec cette solennité. « Célébrons cette fête, nous disait-il, non avec le levain d’autrefois, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité. » (I Corinth., v, 8). Il en indique ensuite le motif de cette manière : « En effet, le Christ a été immolé pour nous, et il est devenu notre Pâque. » S. Jean Chrysostome, Homélie sur la Croix et le bon Larron, Œuvres complètes, t. 2, p. 353 (Louis Vives, 1866)

  • Faim et soif de la vérité Dieu, dit Moise, fit deux grands luminaires, un plus grand pour dominer sur le jour, et un moindre pour dominer sur la nuit. Chacun sait que le soleil donne à la lune toute sa lumière. Ces deux grands luminaires sont une frappante image des deux grandes facultés de l’homme, l’intelligence et la volonté. L’intelligence, vrai soleil de ce petit monde qui s’appelle l’homme, l’intelligence, puissance plus élevée et plus noble que la volonté, verse sur celle-ci la lumière et lui montre l’objet vers lequel elle se doit porter. Il suit de là que nous devons avoir un désir insatiable de connaître le vrai, le bien, afin que notre volonté ne soit pas exposée à s’égarer, en se portant à l’aveugle vers un objet qui n’est pas pour nous le vrai, qui n’est pas pour nous le bien. Le Saint-Esprit nous donne cet enseignement précieux : « Que la parole de vérité précède toutes vos œuvres, et qu’un conseil stable règle à l'avance tout ce que vous faites. » (Eccli., XXXVII, 20.) Il est de la dignité de l’homme, il est du devoir du chrétien de savoir ce qu’il fait, et de le savoir bien. C’est à cette fin que Dieu nous a donné la raison, la foi, les commandements : l’Église a pour mission, avant tout, d’instruire : Euntes, docete, dit le Sauveur. Père Emmanuel, Le chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile, p. 25 (DMM, 1973)

  • Au Christ ressuscité Je crois encore que vous n’avez pas surmonté la mort pour vous seul ; vous l’avez surmontée pour nous qui croyons en vous. Nous n’aurons pas, à la vérité, votre privilège, de ne pas trouver la corruption dans le tombeau : car il faut que notre chair, qui est une chair de péché, soit dissoute, et poussée jusqu'à la dernière séparation de ses parties ; mais notre corps sera mis en terre comme un germe qui se reproduira lui-même : Il est mis en terre dans la corruption ; il sera reproduit incorruptible : il est mis en terre difforme et défiguré ; il sera reproduit, et ressuscitera glorieux : il est mis en terre sans force et sans mouvement ; il en sortira plein de vie et de vigueur : il est mis en terre comme on y mettrait le corps d’un animal ; mais il ressuscitera comme un corps spirituel (I Cor. XV. 42-44), et ne laissera à la terre que la mort, la corruption, l’infirmité et la vieillesse. Je vous adore, ô Jésus mon libérateur ; je vous adore, ô Jésus ressuscité pour vous-même, et pour tous vos membres que vous avez remplis de votre esprit, qui est l’esprit de vie éternelle. Vous avez enduré la mort, afin que la mort fût vaincue, Satan désarmé, son empire abattu ; et afin d’affranchir ceux que la crainte de la mort tenait dans une éternelle servitude (Hebr. II. 14,15). Vous serez vraiment libres, quand le Fils vous aura délivrés (Joan. VIII. 56). Je le crois, Seigneur, il est ainsi. Mon unique libérateur, je vous adore : il faut que je meure comme vous, afin que je vive comme vous. Je sais que mon Rédempteur est vivant ; et au dernier jour je ressusciterai de la poussière, et je serai de nouveau environné de ma peau ; et je verrai mon Dieu dans ma chair. Je le verrai moi-même de mes yeux ; ce sera moi, et non pas un autre. Je conserverai cette espérance dans mon sein (Job. XIX. 25-28) ; je la porterai jusqu’au milieu des ombres de la mort. Qui me donnera que ce discours soit écrit avec le fer et le diamant sur le rocher (Ibid. 24) ; que le caractère en soit immortel et gravé éternellement dans mon cœur, dans un cœur affermi dans la foi ? Ce sera vous, o Seigneur, ce sera vous qui mettrez votre main sur moi, et qui me direz comme vous dites à votre Disciple bien-aimé : Ne crains point ; je suis le premier et le dernier ; je suis vivant, et j’ai été mort, et je vis aux siècles des siècles ; et j’ai en ma main les clefs de la mort et de l’enfer (Apoc. I. 17,18). Tout le monde entendra ma voix ; et tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu : et ceux qui auront bien fait, ressusciteront pour la vie, et ceux qui auront mal fait, ressusciteront pour le jugement (Joan. V. 28,29). Bossuet, Œuvres complètes, t. 3, Préparation à la mort, p.519 (J.B. Pélagaud, 1862)

  • La récitation des psaumes Le Psautier a été créé par Dieu même pour être à jamais le formulaire authentique de la prière. C’est avec ces pensées-là, avec ces accents-là que Dieu a voulu être loué et honoré. Les psaumes traduisent les sentiments les plus profonds, les plus variés, les plus délicats du cœur de l’homme, et répondent à tous ses besoins. Ils ont servi aux justes de l’Ancien Testament, ils ont servi aux Apôtres et aux saints de tous les âges. Mais ils ont erré sur d’autres lèvres encore : ils ont été dits et redits par Notre-Dame et par le Seigneur. Dans les pèlerinages à Jérusalem, le Seigneur et sa Mère et saint Joseph chantaient les psaumes graduels. Certains auteurs ont pensé que le Seigneur récitait le Psautier chaque jour et qu’il n’avait fait, pendant la Passion, que poursuivre sa prière, lorsqu’il dit, élevé en croix : Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me, et encore : In manus tuas commendo spiritum meum. Dom P. Delatte, Commentaire sur la règle de S. Benoît, Ch. XVIII, p. 210 (Solesmes, 1985)